
La courageuse réforme des retraites initiée par le gouvernement Raffarin et l’application de la loi Fillon ne suffiront pas à assurer l’avenir de la branche vieillesse.
En effet, les projections sur les comptes de l’assurance vieillesse pour 2007 font apparaître un déficit de 4 milliards d’€ soit un déficit du même ordre de grandeur que celui de la branche maladie. C’est une première !
Pire encore, la réforme Fillon ne comble qu’un tiers des besoins en 2020. Il va bien falloir faire quelque chose.
Mais pourquoi ce sujet est-il aussi sensible ? Pourquoi ce sujet paralyse-t-il nos hommes politiques ? Je suis de ceux qui pensent qu’il faut dire la vérité aux français et donc dire que notre système tel qu’il existe aujourd’hui ne pourra faire face aux engagements financiers à venir.
En France, l’âge légal de départ en retraire est à 60 ans contre 67 ans en Irlande, 66 en aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Espagne et en Allemagne. De la même manière, l’âge réel du départ en retraire est à 59 ans contre 69 ans au Japon, 66 en Suisse, 65 en Irlande, 63 en Espagne et en Allemagne……Autre chiffre révélateur, chez les 55-64 ans, le taux d’actifs en France est de 41% contre 53% en moyenne pour les pays de l’OCDE.
L’espérance de vie augmente d’année en année. Du coup le nombre d’année durant lesquelles un retraité touchera sa retraite ne cesse d’augmenter. En 2050, l’espérance de vie sera de 90 ans et, compte tenu de la démographie actuelle, la France comptera 51 actifs pour 49 retraités. En clair, si rien ne change, on peut dire qu’en 2050, un actif devra payer la pension d’un retraité et que chaque retraité qui aura travaillé (dans le meilleur des cas) 42 ans, touchera sa retraite à taux plein pendant 30 ans ……..Le bon sens nous indique qu’économiquement ce n’est pas possible.
Alors oui, il faut le dire : il faudra travailler plus longtemps et donc cotiser plus longtemps. Il faut avoir le courage d’affronter et d’expliquer cette réalité.
De la même façon, il faudra réfléchir à d’autres sources de financement. La facilité serait de faire croire qu’il suffit d’élargir l’assiette de cotisations. C’est une fausse bonne idée.
Je suis favorable à la création d’une épargne de très longue durée, fiscalement avantageuse pour le cotisant et pour l’employeur. Ce système ne viendrait pas remplacer notre système par répartition auquel les français sont attachés, mais viendrait le compléter.
Flavien Neuvy le 08 08 2006
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